04 février 2009

Les conditions de vie

Les immigrés venus en France chercher la prosperité ont été très déçus. Le gouvernement français leurs avait promis qu'ils seraient logés au même titre qu'un ressortissant du territoire et que l'intégration serait facile avec de l'envie . Les travailleurs ont découvert une toute autre vérité à leur arrivée sur le sol français . Yamina Benguigui, dans son film Mémoire d'Immigrés interroge des anciens habitants des bidonvilles. L'un deux dit avoir eu honte vis à vis de ses amis écoliers , et qu'il refusait de se laver dans les " douches " collectives avec son père . Il faut savoir que les immigrés vivaient dans des barraquements faits de tôles, de déchets trouvés un peu partout .

" Vu du haut du remblai qui le surplombe ou bien lorsqu'on
franchit la grande porte en bois de l'entrée principale, on se croirait dans
une menuiserie. Des baraquements ont poussé côté jardin, en face de la maison.
La grande allée centrale; à moitié cimentée, cahoteuse, sépare à présent deux
gigantesques tas de tôles et de planches qui pendent et s'enfuient dans tous
les sens. Au bout de l'allée, la guérite des WC semble bien isolée. La maison
de béton d'origine, celle dans laquelle j'habite, ne parvient plus à émerger de
cette géométrie désordonnée. Les baraquements s'agglutinent, s'agrippent les
uns aux autres, tout autour d'elle. Un coup de vent brutal pourrait tout
balayer d'une seule gifle. Cette masse informe s'harmonise parfaitement aux
remblais qui l'encerclent" . ( Le gône du Chaaba, Azouz Begag)

Azouz begag , dans son roman Le Gone du Chaâba , décrit le bidonville de Villeurbanne, où lui et sa famille ont vécu. Le Chaâba apparait comme un lieu coupé du monde, ouvert à tous les dangers. les gones sont à proximité d'un grand boulevard où les prostituées viennent faire leurs affaires . Azouz Begag prend plaisir dans son ouvrage à relater en quoi consistait l'un de ses jeux favoris dans le Chaâba. Celui était que dès qu'un train approchait, tous les habitants du bidonville se jetaient dessus, et partaient à la chasse aux déchets encore utilisables. De tels rituels peuvent paraître aux français complètement sans raison d'être, mais pour les travailleurs et leurs familles, c'était une façon de trouver de quoi remplir leurs "maisons" . Le gouvernement connaissait pertinemment les conditions de vie auxquelles etaient confrontés les immigrés. Il leur avait promis de les installer dans de vraies maisons, et non aux périphéries des grandes villes. Les maghrébins ne se sont pourtant pas laissés dans la misère, et ont reussi à faire du bidonville un
lieu prospère. Azouz Begag ne décrit pas son passage dans le bidonville comme un obstacle à sa vie. Même si bien sûr, il n'a pas eu la meilleure des places pour s'épanouir et grandir, il n'était pas mécontent de vivre avec sa famille à
proximité, de pouvoir être libre d'aller dans les bois ... Néanmoins, l'auteur prend goût à contraster les deux univers qui sont dans sa vie. Chez lui, tout n'est que déchets, ordures, sales. Alors que j'ai son ami Alain tout n'est que
luxe, epanouissance, et abondance. Le jeune immigré a honte de montrer où il vit à son nouvel ami.

Le gouvernement n'a peut être pas été très rapide pour les logements, et a laissé les immigrés se débrouillaient seuls en matière d’hébergement, mais il a tout de même apporté des aides aux familles. Tel est le cas des allocations
familiales versées qui servaient pour acheter le nécessaire, car les travailleurs gagnaient une misère dans les usines.

Posté par Nibiroux à 14:17 - Permalien [#]